ARS : "On va créer une forme de parlement de la santé”

Dans un mois, une conférence régionale de santé et de l’autonomie (CRSA) verra le jour à la Réunion. Il s’agit d’un organisme consultatif chargé de participer à la définition et la mise en œuvre des politiques de santé dans l’île. Associatifs, médecins, usagers, élus… Une centaine de membres vont y siéger. L’appel à candidature se clôt lundi.

La loi Bachelot a voulu instaurer une refonte globale du pilotage des politiques de santé publique, notamment avec la création des agences régionales de santé (ARS). Dans le cadre de cette réorganisation, une conférence régionale de santé et de l’autonomie (CRSA) verra le jour à la Réunion le 24 septembre. Il ne s’agit pas d’un nouvel organisme décisionnel mais d’une “forme de parlement de la santé”, indique Christian Meurin, directeur général adjoint de l’ARS de l’océan Indien. Mais les membres n’auront qu’un avis consultatif. Leurs missions : émettre un avis le projet régional de santé et les schémas, organiser l’expression des représentants des usagers du système de santé, rédiger un rapport sur l’évaluation des conditions dans lesquelles sont appliqués et respectés les droits des personnes malades, et, organiser des débats publics sur les questions de santé de son choix. Le CRSA se substitue en fait à la conférence régionale de santé (CRS), au comité régional de l’organisation sanitaire (CROS) et au comité régional d’organisation sociale et médico-sociale (CROSMS). Avec cette nouvelle commission, “nous aurons une approche globale de la santé”, revendique Christian Meurin. De la prévention, aux soins en passant par l’éducation à la santé ou l’organisation de la médecine de ville… tous ces sujets seront désormais “décloisonnés” et abordés avec tous les acteurs de santé dans une seule et même instance. “Avant, chacun travaillait dans son coin et les calendriers des différents plans ou schémas régionaux ne coïncidaient pas, regrette Christian Meurin. Maintenant, nous aurons une approche d’ensemble des politiques de santé. Ce qui permettra aussi une meilleure gestion des finances.” Certains reprochent aux ARS de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains pour réorganiser et restructurer le secteur sanitaire et médico-social. Au contraire, selon le directeur adjoint de l’ARS océan Indien, le CRSA correspond à “une démarche de démocratie sanitaire”. Après la démocratie participative de Ségolène Royal, le terme semble très tendance mais à quoi correspond réellement cette “démocratie sanitaire” ? Le CRSA a vocation à donner son avis, et à travers la présence d’usagers sanitaires et médico-sociaux, c’est la vox populi que l’on entend désormais. Élus, représentants des professionnels de santé, d’organisations syndicales, d’associations de personnes handicapées ou de lutte contre la précarité… Au sein de la conférence, siégeront une multitude d’acteurs locaux. Les 100 membres ayant voix délibérative seront répartis dans quatre commissions spécialisées (dans le domaine de la prévention, de l’organisation des soins, des prises en charge et accompagnements médico-sociaux, des droits des usagers). La liste de près de la moitié des membres a déjà été constituée.L’appel à candidature se clôt lundi.


M.P.

(Source : Clicanoo.com du 18.08.10) 


 

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